UTMB récit Patrice

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UTMB récit Marco
UTMB récit Patrice

 

UTMB 2007, le 24 août.

Arrivée à « Cham » vers 11h45 .
Retrait du dossard, vérification du matériel obligatoire, pose du bracelet avec 2 puces (impression d’être un prisonnier sous surveillance : Big Brother n’est plus loin !!) ; retour à la voiture et préparation des 2 sacs à destination de Courmayeur et Champeix).

Pasta party (décevante : les pâtes sont quelconques et pas grand chose avec) et repos : impossible de trouver le sommeil (ça gamberge pas mal)

On s’équipe : sac à dos  (4.7kg avec 1.5l d’eau) et direction la ligne de départ vers 17h15 .
Déjà beaucoup de coureurs et de spectateurs ; ambiance bruyante ( difficile d’entendre son portable)
Après les discours de plusieurs officiels , départ de la course à 18h34 précises au son de « 1492 » ; musique très poignante.
La foule s’élance dans le rues de » Cham «. Au bout d’à peine un km mon portable tombe à terre !!

Une partie roulante avant les grosses difficultés : je cours et je ne gambaderai plus aussi bien par la suite mais à ce moment je ne le sais pas !!!

Première grosse montée vers le col de Voza : je marche alors que l’hiver on skie içi : piste du Kandahar (info d’un collègue qui est moniteur de ski) . Belle vue sur le massif du Mont-Blanc.

Descente vers Saint Gervais : je me retiens pour éviter la chute à tout moment.
Ravitaillement ; coupe vent et lampe frontale.

Direction les Contamines où l’accueil est très chaleureux. (30kms ; même pas le 1/5 du parcours)

Dans la montée vers les Chalets de la Balme ; je téléphone à Luigina.
A la Balme, ma première soupe (je suis les conseils de Christian qui m’a conseillé de manger salé) et quelques tucs (les gâteaux pas les travaux ….). J’enfile ma polaire car le fond de l’air est frais. Il est 0h30 (5h 56 de course)
Je repars vers la Croix du Bonhomme : je suis la caravane des frontales (ambiance Santé… mais plus obscure) ; traversée d’un névé.
Sur une partie un peu plus plate, je tombe. On m’aide à me relever : douleurs fortes au genou et à la cheville gauche. Inquiétude….je marche doucement et reprends ma progression. Arrêt au refuge de la Croix du Bonhomme où je me fais soigner par un médecin : plaies superficielles à la cheville et hématome au genou).
La descente vers les Chapieux se fait très prudemment à cause du terrain (glissant et présence d’ornières) et de mon genou qui me signale aimablement sa présence.
15min de pause aux Chapieux : deuxième soupe et un gâteau semoule précédés de 2 verres de coca (boisson de tous mes ravitaillements).
En partant je demande des nouvelles de Marc et le vois arriver au moment de mon départ.
Route bitumée monotone vers la ville des glaciers direction le Col de la Seigne et
l’Italie ( 6h18 et 11h44 de course -59kms) . Le jour se lève et direction Courmayeur : je marche beaucoup dans la descente : les pieds me font souffrir).
Chemin plat assez large (montré au reportage de la TV  dimanche soir) puis une côte et descente sur Courmayeur par le col de Checrouit.
Arrêt de 50min à Courmayeur : douche ; changement de tenue ; repas et changement de mes pansements tachés de sang). 14h46min de course pour 77kms.


Ne pas regarder ce qui reste à faire pour arriver à « Cham » mais ce qu’il faut faire jusqu’à la prochaine étape.
La partie que je vais découvrir est semble-t-il la plus belle du parcours  (il faut dire qu’une bonne partie du parcours se déroule de nuit et que la visibilité n’est pas des meilleures).

800m de D+ pour le refuge Bertone ; la plupart de la progression se passe en forêt : tant mieux car le soleil commence à cogner. Un chemin en balcon mène au refuge suivant (Bonatti) puis descente sur Arnuva. Une pause avant d’attaquer le gros morceau de l’après-midi : la montée vers le grand col Ferret.

Dans la montée, le téléphone sonne : Luigina m’apprend que Marc a abandonné à Courmayeur ; son sac ayant disparu. la communication est coupée : plus de réseau. Impossible de joindre Luigina. Une pensée pour Marc.
Je continue ma progression et me trouve surpris d’arriver au col, point culminant du parcours. j’attendais d ‘abord un refuge que j’ai dépassé sans m’en rendre compte !!!.

Je me fais prendre en photo, enfile ma polaire car le vent est frais et amorce la descente (16h10-21h36 de course et 98kms). Descente peu technique mais que je n’apprécie pas à sa juste valeur : mes pieds sont si douloureux que je ne peux plus courir. Je me fais dépasser par des dizaines de coureurs : j’enrage !!
Téléphone de mon beau-frère Raphael qui me remonte le moral : le doute ayant fait son chemin et pas le bon.
Peu avant la Fouly, rencontre un coureur Corse dans le même état de fraîcheur ; décidons de faire un bout de chemin en discutant. On se rend compte que la Suisse est toujours aussi propre ; une montée de plus vers Champeix atteint à 21h08 après 26h34 de course.
Douche ; changement de tenue : je veux changer de chaussures mais n’arrive pas à enfiler celles de rechange (pieds gonflés). Repas avec beaucoup de mal (les pâtes sont infectes) ;
Je veux me faire « papouiller » les pieds mais la file d’attente est trop longue .

Je décide de repartir après 45min de répit : les 41 derniers kilomètres m’attendent.

Dernier appel à Luigina qui m’encourage à tenir et à être prudent.

La montée de Bovine se présente : marche dans la caillasse et franchissement de rochers ; escalade par moments. Je me « vautre » en voulant escalader un rocher : j’ai glissé sur une racine et je me cogne la cheville…. gauche. Descente sur Trient interminable : il faut être sur ses gardes à cause du terrain et du manque de lucidité de votre serviteur (deuxième nuit sans dormir). Après Trient, je me cale sur un coureur pour faire la montée de Tseppes qui n’en finit pas. J’essaie de ne pas penser à toutes les douleurs qui me taraudent. Encore une descente calvaire vers Vallorcine uniquement en marchant. Il reste 16kms et je suis pressé d’en finir. J’écourte la pause et repars d’un bon pas : normal ,ça monte vers le col des Montets puis descente sur Argentière atteint à 7h13.

Je me dis que la fin est proche et que je peux boucler le parcours en 39h à condition de trottiner un peu.Je repars en alternant trottinement et marche à pieds en augmentant la partie trottinement. Les douleurs sont présentes mais paraissent moins fortes.

A la fin d’une descente, je « tombe » sur Marc venu à ma rencontre.
A partir de ce moment, j’accélère ma course coaché par Marc qui me dit qu’il ne reste que 3kms.Marc court à ma hauteur et je remonte bon nombre de concurrents. Je tiens le rythme : Marc m’assurant la ligne d’arrivée proche et m’encourageant. Il me laisse sur les 400 derniers mètres.

Je vois se profiler la ligne d’arrivée, lève les bâtons en V et la franchit au bout de 38h et 1s !! en jetant mes bâtons par terre.

(J’apprendrais le temps exact par Marc qui l’a obtenu par Sylvie sa femme !!!).
Je retrouve Marc et Eric venu m’attendre Eric ayant brillamment terminé La 3C.

Grand bonheur pour avoir bouclé ce tour quelque peu terni par la mésaventure arrivée à Marc.

J’espère qu’il prendra sa "revanche"  sur ce coup du sort.
Retour à la voiture, douche ; massage et départ pour Meyzieu.

Un grand merci à tous ceux qui m’ont encouragé par des SMS ou des appels téléphoniques auxquels je n’ai pas toujours répondu dans le « feu de l’action ». Ces messages m’ont permis à certains moments d’avoir la volonté de poursuivre « the long way home ».

 Patrice

 

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La dernière mise à jour de ce site date du 29-janv.-2008