L'Ardéchois ou comment renouer avec le plaisir du Trail.
Cela
fait 1 an et demi que je n'ai pas fait de trail sérieux.
Mes
tendinites persistantes m'avaient contraint à lever le pied. Je voulais
faire le Nivolet-Revard afin de reprendre goût aux efforts, aux courbatures,
mais comme le club faisait l' ARDECHOIS, alors ce sera l'Ardéchois.
RDV est pris le samedi à 04h30 du mat devant la maison du président.
04h41 le réveil sonne !!!.... tout va bien j'ai le temps, je m'habille, je
bois mon Cacolac, je regarde l'horloge droit dans les aiguilles et là 04
h50 horreur !!! .
Je
me rends compte que j'ai mal réglé mon réveil. Pas le temps de finir, je
saute dans ma caisse direction l'Elysée et je chope le président in
extremis. Je suis sauvé. Mais je sais déjà que les moqueries vont fuser dès
que j'aurai le dos tourné. Tant pis !!!
7h10
!!! Après un café et un dossard tout le monde prépare son matos. Le
président distille les dernières consignes à ses ouailles.
1. ne jamais partir trop vite
2. toujours arriver à temps
3.écouter le chef.
Ensuite, nous filons au pas vers la ligne de départ. Nous retrouvons le
groupe parti la veille.
Patrice semble en pleine forme, ses mollets (de la taille de mon avant-bras)
trépignent d'impatience.
Yves est concentré : il parait qu'au réveil, il a pris plein de poudres
bizarres .
Patrick semble en pleine forme. Il est à jeun pas comme pour le Trail des
reculées.
Hervé est souriant, heureux d'être là.
Bref tout le monde est content et prêt pour relever le défi ! Sauf moi, qui
doit encore assouvir un gros besoin bien naturel.
Lorsque je reviens, président a déjà fait la photo de groupe (La
première) ! ! ! .
Dégueulasse !! Après maintes et maintes protestations, je finis par obtenir
réparation et une nouvelle photo est prise (La seconde).
8h00
les fauves sont lâchés.
Patrice file devant suivi par Yves arborant un magnifique sac Raidlight pour
l'occasion. Je me cale derrière Yves bien décidé à gérer cette course car je
ne suis pratiquement pas entraîné. De toute façon, je ne fais que le 34km
!!!
Petit à petit, je décroche Yves et me cale à côté de Patrice. Je sens bien
qu'il est en forme l'animal et que je ne vais pas pouvoir suivre. Le
parcours magnifique ne fait pour l'instant que monter. Une montée régulière,
peu soutenue sur un sentier relativement large et boisé. un vrai régal !!
La
chaleur se fait déjà sentir et je sens qu'elle va jouer un grand rôle
aujourd'hui.
J'ai choisis de prendre un camel back avec 2 bons litres d'isostar. Toutes
les 10 min ma montre sonne et je bois, l'hydratation va être capitale
aujourd'hui.
Patrice s'est déjà envolé!!! normal !! me dis-je,avec ses guitares de
moineau !! Moi avec mes cuisses de boeuf je suis cloué au sol mais je cours
et je suis heureux d'être là !
Je
discute avec tout le monde. D'aucuns diraient que je saoule tout le monde
mais je m'en fou.
J'ai décidé depuis longtemps de reprendre à mon compte la devise de Lucas
qui dit:
"Ce
n'est pas parce qu'on a rien à dire qu'il faut se taire !!"
Bref
!! au fil des discussions, le sentier devient moins raide puis redescend
doucement. Soudainement, nous débouchons sur les ruines du château de
Rochebonne. Celui-ci se dresse majestueusement au dessus de la vallée.
Nous en faisons le tour, franchissons une cascade direction le seul ravito
du parcours. Il commence à faire bien chaud. j'ai beau boire je
chauffe et je commence à coincer un peu. Quelques crampes aux adducteurs me
font m'arrêter. J'attends le ravito avec impatience je prends un petit
berlingot coup de fouet qui m'avait paru miraculeux sur la SaintéLyon.
Effectivement, c'est miraculeux !! Mes crampes disparaissent le moral
remonte et en plus, j'arrive au ravito.
je
remplis mon camel, mange et boit un peu. 10 min de pause et je repars. Les
jambes sont raides mais les paysages sont là pour me soutenir .
Soudain, une sirène me double. Je m'accroche à son cuissard et change de
paysage. Je ne sais pas pourquoi mais cela va mieux :-)).
Autour de moi, tout le monde souffre et décide de se rabattre sur le 34km à
cause de la chaleur. Je ne suis pas surpris!!!
La
séparation du 34 et du 57 km arrive enfin. Je n'y croyais plus et on
commence à descendre. Ca y est, cela sent l'écurie et tel le baudet moyen je
presse le pas.
Nous descendons calmement sur Desaignes; c'est bientôt la fin et je me
prends presque à envier Patrice qui a continué. Mes jambes me rappellent
quand même, dans la dernière petite montée, qu'il est temps que je m'arrête.
je franchis la ligne en 4h54 quelques minutes avant l'arrivée victorieuse de
Dawa Sherpa sur le 57 km. Sacré personnage !!!
16h20 : les filles se sont changées, nous avons mangé, le président a bu son
café, on peut y aller.
Pendant,
le trajet, mémé s'est endormie un peu, mais René et Marie m'ont tenu
éveillé. Saviez-vous que le Président, dans sa jeunesse, écoutait les
Rolling Stones?
18h
: je suis à la maison. Je suis crevé et mes enfants sont en pleine forme et
heureux de me voir.
La
soirée va être longue !!!
Le
trail c'est vraiment dur bon sang !!!
Mais je recommencerai !!!
Jeancri l