UTMB 2006,
5,4,3,2,1 partez
ça y est.
L’instant tant attendu vient d’arriver. C’est mon 2eme UTMB. Celui qui doit
être ma «revanche» sur l’échec de l’année dernière. Enfin, j’espère.
Je ne l’ai
pas accepté, cet échec. Arrêt à Courmayeur, avec le sentiment diffus,
vaguement honteux, de n’avoir pas été au bout de l’effort. Ha ha! il a bonne
mine, lui. Que de la gueule! quel œuf!
Bon, l’œuf
pour le moment, il bouchonne; ça piétine dur avant de passer sous l’arche de
départ. Attention il y a une marche. Merciii. Une haie serrée de spectateurs
ovationne les coureurs. On a le temps d’apprécier jusqu’à la sortie de la
ville, où on peut enfin commencer à trottiner. Quelques centaines de mètres
sur le goudron, encore, avant de bifurquer à droite sur le chemin qui longe
la rivière. Je prend tranquillement mon rythme. Surtout pas d’euphorie.
J’arrive à hauteur de Christian, dont j’ai reconnu la silhouette de loin.
Echange bref (je n’ai jamais su parler en courant). Il est parti pour 35/38
heures, avec trois autres copains de triathlon. C’est mon objectif aussi. On
se rencontrera donc de temps en temps, si nous arrivons à le tenir.
Le chemin est assez roulant, avec quelques ondulations que
nous passons quand même en marchant. Au dessus de nos têtes, un hélico
s’amuse à faire des passages pour nous filmer; nous le saluons avec les
grands gestes des bras. On aperçoit un pont en contrebas, au loin, où
passent les coureurs. Une descente assez douce, et c’est à nous d’y passer.
Un peu de goudron, et petite montée pour entrer aux Houches. 5 ou 6 coureurs
se font huer par le public ; ils viennent de couper l’unique lacet de la
route. Traversée du village avec le 1er ravito. Je ne m’arrête
pas. 48 minutes. Tiens, kif kif que l’an passé.
On sort du
village, toujours encouragés par les applaudissements. Quelques lacets de
goudron, pour attaquer le col de Voza. Le Mont Blanc est enluminé par le
soleil déclinant. On ne peux pas le louper c’est majestueux, même sans le
rougeoiement dont il nous a gratifié l’année dernière (devenu mon fond
d’écran de palm). J’ai déplié les bâtons pour aider l’ascension. Tout le
monde marche à présent, sur le chemin de terre. La pente passe plutôt bien,
et nous arrivons bientôt au col. Pointage (ça deviendra un rituel attendu,
ce passage du dossard à la poêle). Juste un peu d’eau avant de repartir. Le
jour a bien décliné. Il est temps de se préparer à affronter la nuit. Et la
fraîcheur. J’enfile la «deuxième peau», le coupe vent imperméable, et remets
le sac à dos. Arf! ça glace le dos. J’allume la «frontale», placée à hauteur
de ceinture, sur laquelle j’ai épinglé une pochette plastique, où j’ai
glissé mon dossard et le road book réduit (astuce que j’ai trouvé sur le
forum de l’utmb, et que l’on doit à «marmotte» - rendons à César…- j’en
profite pour saluer César). Ça éclaire plus au ras du sol, et on en
distingue «un peu» mieux les irrégularités. (et en plus ça éclaire aussi le
dossard; super pour les encouragements).
On attaque la descente. Les allures sont variées, mais on
voit tout de suite ceux qui y sont à l’aise. C’est mon cas. Autant je suis
nul en montée, autant la descente me donne des ailes. Mais je ne me laisse
pas emporter. Calmos, mon gars, tu as bien le temps de jouer au cabri… le
chemin est «facile», j’alterne la trottinette et la marche. Il fait
maintenant vraiment nuit. Des clameurs au loin nous indiquent l’approche
d’un village. Sympa, la traversée. On continue en forêt. Des racines, des
passages un peu étroits, les premières traversées de rigodons. Et j’entend
une voix connue. Lol c’est le Marco, qui drive Roxane. Nous échangeons
quelques mots. Ça se passe bien pour eux; super. Ils me décrochent un peu
après. On arrive sur le bitume, indiquant la proximité des Contamines, où
l’on arrive après quelques virages. Là, comme l’année dernière, accueil
délirant. Comment ne pas courir dans la double haie d’honneur qui nous
attend! 1er gros ravito. Je fais le plein de mon second camel; il
en reste encore un petit peu dans l’autre. Et merde, j’ai mis de l’eau
gazeuse! à peine refermé pour brasser; ma poche se met à gonfler. Purée, on
dirait un pneu! vite une purge! manquerait plus que ça éclate dans le sac…
Je complète à l’eau douce. Impec. Quelques bricoles pour grignoter, et c’est
reparti.
Les choses
sérieuses vont commencer. Je garde en souvenir mes difficultés de l’an
passé; comme il m’était paru long le trajet du col… et raide! Ça parait plus
facile, cette fois-ci. D’abord un chemin tout plat, où j’allonge le pas. Je
ne devrais plus courir avant longtemps, mais j’ai pris mon rythme «marche
commando». A côté de moi, un gars dit «si tu cours jusqu’au bout à cette
allure, chapeau». après quelques instants, je le vois accélérer. Zut, c’est
à moi qu’il parlait, je ne l’ai pas compris… mais à l’allure où lui va
maintenant, c’était peut-être une vanne. Lol. Mais nous arrivons bientôt à
la grimpette. Un chemin en grosses pierres, où je passe en mode «économie».
Je me concentre sur le m² éclairé par la lampe. Une maison isolée, avec de
la musique. La côte continue, mais assez rapidement j’entend les rumeurs de
la Balme. Je passe sans m’arrêter. Le haut est encore loin, et ça monte dur.
Je monte mécaniquement. Plus tôt que je ne m’y attendais, des cris
d’encouragements parviennent du col. Super. J’y arrive assez rapidement.
C’est beaucoup mieux passé ce coup-ci. Allez, encore un p’tit effort pour la
croix, et on attaquera la descente. Ces derniers mètres s’avalent bien.
Quelques mini bouchons au droit de passages un peu plus délicats permettent
de souffler un instant. Yep! je passe devant la croix (bip pour le cardio),
et ça bascule. Mini halte au refuge pour le pointage, et ça repart.
Oléééé.
Bonne descente dans les ravinements. Je me suis collé en plus ma XP au
front; Faut pas se louper pour poser le pied. Le chemin n’en semble pas en
être vraiment un. Heureusement qu’il est matérialisé par les balises; les
petit traits luminescents nous guident de proche en proche dans la pente,
jusqu’à un «vrai» chemin qui descend en lacets. Je tend l’oreille. L’année
dernière, des notes de hard rock nous prévenaient bien avant de l’approche
des Chapieux. L’attente se fait longuette. Et je découvre la guirlande
lumineuse du hameau sans avoir entendu la moindre note. Ce n’est que dans
les derniers hecto qu’elles arrivent à mes oreilles (bon, ben j’ai dû
devenir sourd pendant l’année…). Pointage à l’arrivée. Quelques mots pour
plaisanter, et je m’arrête au ravitaillement rapide. Remplissage du camel,
avec un coup de main apprécié d’un bénévole. Puis passage dans le
chapiteau, où sont installés tables et bancs. Il y a foule. Christian
m’interpelle. Ils sont là depuis quelques 10 minutes, et vont repartir. Je
prends le temps d’avaler une soupe. Le goût me change de celui de
l’isotonique. Ça fait du bien.
Allez, on repart. Pointage. J’attaque la longue portion de
route droite en pente plutôt douce. Le raclement des bâtons sur le sol
rythme mon pas. Qu’est-ce que ce bruit doit être agaçant pour ceux qui sont
autour… j’arrive à la ville des glaciers; on devine le chemin à suivre avec
les points de lumière qui précèdent, en particulier le crochet de la
descente vers la rivière, où la trajectoire est oblique. Mon tour arrive
bientôt. Maintenant, on serre les dents; c’est une côte, et je vais donc en
baver. Je sais qu’elle se monte en 2 temps. La première a l’air de bien
passer. C’est raide, mais ça va. En levant la tête, je devine parfaitement
la voie, avec les points lumineux des frontales, qui dessinent les lacets.
Pffff encore tout ça à monter… coup de chance ? le terrain est plutôt sec, à
comparer de l’année dernière où je me rappelle avoir enjambé de grandes
flaques de boue. Le dernier lacet se franchit enfin. Mais le spectacle
offert est superbe: un fil lumineux trace le chemin parcouru, et matérialise
l’effort accompli. Une pensée pour ceux-là qui ont encore tout à monter… ça
encourage pour la partie suivante. Devant,le dessin est interrompu un peu
plus loin. On doit contourner une arête. La pente est toujours aussi raide;
la progression est dure, mais pas autant que je ne le craignais. Et on
distingue vaguement, au loin, le bout du «tunnel». Qui recule autant que
l’on avance… non,ce n’est pas encore là; ici, il y a de l’herbe, et c’est
tout râpé au col. Enfin, j’y arrive. La Seigne, Haaaa J pointage.
Allez, on
continue. J’aborde la descente sans précipitation. Il fait encore nuit,même
si très loin devant, les montagnes se détachent sur un fond plus clair. La
frontale évite bien des faux-pas, sur un sentier un peu raide. La pente se
radoucit vite, et le chemin devient presque «carrossable», à comparer de ce
qu’on a passé. Sur la gauche, une maison que je ne gardais pas en souvenir.
Hé ben si, banane, c’est Elisabetta, mais il y avais plein de lumière. Cette
année, le relais est tout en bas. La clarté est devenue suffisante,
maintenant, pour se dispenser de frontale. J’arrive en haut des deux grands
lacets. C’est ceux qu’on coupe. Oki. Un peu abrupte, la descente. En
contrebas, on voit maintenant les tentes de l’organisation, où j’arrive
bientôt. Refrain: haaaaa pointage. Vérif rapide de la réserve d’eau, passage
éclair au ravito, et je repars.
Quelques
mètres plus loin, un compagnon me hèle en me doublant; «et alors, on prend
les raccourcis?» lol Je le corrige en rigolant. il a fait la même erreur que
moi l’an passé, et suivi la route en lacets… nous longeons maintenant le lac
Combal. Le chemin est tout plat, et beaucoup se lancent à y trottiner. Je me
la joue feignasse, en marchant quand même d’un bon pas (une, deux, une…) je
me surprend à fredonner Karen, des maximum kouette. Elle marque ma cadence.
Mais fin du repos, au bout du chemin, la côte. J’en garde un très mauvais
souvenir. C’est là que j’ai craqué l’année dernière. Mais bon, les autres
sont bien passées, pas de raison pour que ce soit différent. Allez, karen,
paradise-moi. Les yeux, tournés vers le ciel, je m’accroche… l’arête se
dresse devant nous. Nous passons juste à son pied, mais il est long à venir,
dans ce sentier en lacets. Il arrive quand même, un dernier replat, quelques
mètres de dénivelée encore, ça y est. On arrive sur la partie en balcon.
Refrain :
haaaaaa pointage (on augmente le nombre de a à chaque pointage).
Vue
magnifique sur le versant opposé. Ça mériterait une photo, mais j’ai la
flemme de sortir l’appareil du fond du sac. Je reprend mon pas, après une
brève tentative de trot. Ça veut pas encore. Tant pis. Au loin, j’aperçois
un pylône de remontée mécanique. On arrive bientôt. La piste est un peu
aménagée par des marches en rondins. Un petit coup de bâton sur mon mollet.
«ça va, marc?» m’enfin! Roxane et Marco! vous n’étiez pas devant??? j’essaie
de leur emboîter le pas de course. Un peu duraille, mais je m’accroche de
loin. Je les rejoins à Chécroui. (refrain: haaaaaaa pointage). On s’enquière
de notre forme réciproque. TVB. impec. Il doit rester environ une heure pour
arriver en bas, et nous repartons quasiment ensemble. La descente est dure.
Et même pas jolie. Piste de ski, puis route en pente raide, où je mets quand
même le turbo (enfin, c’est façon de parler…disons plutôt que je double
quelques compagnons d’aventure). Un bout de sentier, et on débouche bientôt
sur une route goudronnée, où nous retrouvons les premiers spectateurs depuis
longtemps. La fin est proche. Devant moi, un type trottine avec un javelot à
la main. Je le plaisante «pas la peine, on va plus vite que toi!». oups, vu
sa tête, j’ai dû dire une connerie; il accélère. Je repasse vite le turbo,
jusqu’à la voie piétonne, où je reprend mon pas rapide. Derniers hectomètres
en trottinant, encouragé par tous les promeneurs. Ça y est. J’arrive au
centre sportif, après 13 heures 40 de course.
Refrain:
haaaaaaaa pointage.
Cette
fois-ci, pas de bêtise. Je prend mon sac, et direct les douches. Chaudes, un
régal. J’y resterais bien des heures… j’en sors à regret, linge propre,
short, direction ravito. Je ne veux pas manger du lourd, et me rabats sur
compotes et banane. Un copain de Christian me conforte. Il n’a pas aimé les
pâtes. Après déjeuner tranquille à une table, refait le plein du camel,
c’est reparti, après une pause d’une heure. Ha bon, pas de pointage au
départ?
Maintenant, c’est tout de la découverte. Plus de points de repères. Le road
book indiquait un mur à monter…bon, ben je l’ai sous le nez. C’est bien un
mur… ça commence quand même par la traversée de Courmayeur. Croisements de
sourires, d’applaudissements, d’encouragements. Merciiii, merciiii. On ne
peut y répondre qu’en souriant, mais comme c’est agréable ! Sortie de la
ville, passage sur un pont devant les cascades dont parle le RB. Trois
signaleurs attendent paisiblement au soleil. Ben heureusement qu’ils sont
là, j’aurais sûrement loupé le sentier qui grimpe sur la droite. Merci
messieurs. Ha, il est un peu raide. Allez, à l’attaque! ça grimpe, ça
grimpe, une randonneuse propose de l’eau gazeuse à un trio qui me précède.
Je profite d’une gorgée avant de continuer. Un peu plus loin, au débouché
sur une route, je tombe «nez à nez» avec une grosse peluche. Mdr, c’est le
micro d’un perchman d’un équipe TV. J’éclate de rire «des extra-terrestres!»
ils en profitent pour faire un bout de plan. «c’est extrême?» «ben en tout
cas, c’est extrêmement dur» «et on peut courir avec le sourire?» grand
sourire «ben, vous nous voyez! on n’est pas beau comme ça?» de l’Audiard
dans la texte lol. Nous poursuivons notre ascension, avec vue plongeante sur
Courmayeur. Je lève la tête de temps en temps pour évaluer le reste. Ça
vient pô vite… mais tout arrive, voici Bertone en vue, avec son ravito au
soleil. Refrain: haa..( bon, vous connaissez, maintenant, pas besoin de tout
écrire). ;-)
Bref
passage par la case «boire un coup» et c’est reparti. Si je me rappelle bien
le RB, c’est un peu descendant, avant une côte qui doit être pile à
mi-parcours, puis un peu bosselé jusqu’à Bonatti. On croise pas mal de
promeneurs, avec à chaque fois les mêmes encouragements, les mêmes sourires.
La traversée me parait un peu longue, même si la vue est jolie. Je note au
passage la ferme avec le zigzag, et les toits en tôle. On s’approche.
Beaucoup m’ont doublé en trottinant. Je reste sur ma marche. Au loin, des
bâtiments en pierre; Bonatti? je ne crois pas. D’autant qu’un peu plus loin,
je vois le refuge qui nous surplombe. Mééheuuuu je ne me rappelais pas que
ça montait autant, là. Allez,un dernier effort, on y est. (à vous, là:
refrain).
Grignotage, soupe, merciii, au revoir J
Direction
Arnuva. De mémoire, plat, puis descente raide.
C’est
quasiment ça, mais le plat parait long. Ou alors je vais moins vite?
j’aperçois le bâtiment devant lequel on va commencer la descente. Petit
chemin à gauche,ça roule. Par contre,pas de bifurcation tout de suite à
droite… on continue le chemin en traversée, bien balisé. J’aurais pourtant
juré qu’il fallait tourner tout de suite. On tourne quand même un peu plus
loin, et plus bas, il me semble distinguer un ancien chemin en lacets,
aujourd’hui en prairie. Peu importe… les lacets nous amènent bientôt à
Arnuva, après nous avoir laissé bien entrevoir la suite du parcours; départ
pour le Ferret, il y a plein de fourmis sur le chemin!
Arrivée au
camp. (a vous…). Re plein du camel; grignotage, je décide de m’octroyer une
pause confort. Un petit tour au massage, pour assouplir les cuisses qui ont
dû un peu souffrir de la descente. Mais en fait, c’est plus du préventif
qu’autre chose… le ciel s’est couvert, j’en fais alors autant. Corsaire,
2eme couche et coupe-vent. Et c’est reparti… direction grand col Ferret.
Quelques centaines de mètres plus loin, je me rends compte que j’ai perdu ma
frontale. Purée! et la prochaine nuit!!! quel c…! tant pis, je prendrai
celle de la ceinture (heureusement que le règlement en précise bien 2…). Je
reprends ma route. Houch ! c’est du raide dès le départ. Petit braquet
d’entrée! et ça dure… surtout, ne pas se laisser aller. Je dois arriver en
haut. Je ferai une pause à Elena. La côte n’en finit pas, et toujours pas
d’Elena sur la route. Bon sang, c’est pas possible, c’est des kilomètres à
rallonge ! je dois souffler plusieurs fois quelques instants. C’est duuuur.
Mais pas pour tout le monde. Je me fais dépasser par des wagons entiers…
pour la première fois, j’envisage de jeter l’éponge. c’est trop dur. Je vais
m’arrêter au prochain contrôle, à la Peulaz. 9a monte encore. Non, pas la
Peulaz. Le suivant, pour être au moins arrivant. Ça monte toujours. Miracle:
une charmante promeneuse m’annonce le sommet à 20 minutes. 10 de raide, 5
moins raide, 5 de plat. Yoooo ça c’est une bonne nouvelle! Dommage pour
Elena, qui a certainement été rasée cette nuit. La prédiction s’avère
exacte, à peu de chose. De loin, je vois les tentes du pointage. Une
dernière pause, et j’y arrive d’une traite. Haaaaaaaaaaa (celui-là, il est
pour moi, je l’ai bien mérité) pointage. Quelques secondes pour reprendre
mon souffle, allez, je pousse jusqu’à Champeix,pour récupérer mon sac. je
repars dans la descente. Direction la Peulaz.
Le sentier
est bien roulant, mais je ne me risque pas à accélérer l’allure. En chemin,
nous assistons à un double décollage d’hélico. Héééé! mon indéfrisable! on
continue en suivant de l’œil le vol des hélico dans la vallée en contrebas.
Bientôt un virage. Ha, ça ne devrait pas être loin… c’est bien ça. La Peulaz!
20 minutes d’arrêt! quelques gouttes ont commencé à tomber. Refrain… Une
dame m’indique gentiment que le ravito est là, à l’abri juste à côté. Je
rentre. C’est plein comme un œuf. Il y fait chaud. Il y fait bon!! la pluie
commence à faire du bruit sur la toiture. Je pose une fesse sur un coin de
banc libre. Ha! ben-qu’est-ce-tu-fais-là, Philippe? Nous échangeons quelques
mots, puis je savoure un bon bol de soupe. Hmmm encore! un coureur dit qu’il
abandonne ici. Dénégation du patron! pas possible! il n’y a pas de navette
pour ramener sur champeix! Mais noooon! c’était pour riiiire! Encore
quelques instants pour savourer le chaud, et je repars.
Dehors la
pluie est moins forte qu’elle ne semblait de l’intérieur. Ça crachouille,
sans plus. Ma visière me protège des gouttes. J’ai horreur de la pluie sur
les lunettes. On enquille rapidement sur un sentier plutôt raide. Oups!
prudence, ça doit glisser. Jusqu’à la route. Un peu de bitume après la boue,
ça nettoie les semelles… on replonge rapidement vers la rivière; traversée
une fois, deux fois; trois fois… avant d’arriver à la Fouly. On traverse
tout le village, sous une pluie un peu plus forte, avant le ravitaillement.
Refrain: haaaaa tchoum, on va s’enrhumer si ça continue comme ça. Sous les
tentes, les sourires nous attendent. Un coin de banc, un bout de table pour
un bol de soupe… le bonheur. J’en redemande. (de la soupe, pas du bonheur).
102 bornes. Je vais bientôt tomber mon maxi de la Diagonale (un autre
échec…). Donc je repars. Merciiii à tous.
C’est
reparti. Sous les gouttes, à bonne allure. Un barrage, une route, le sentier
à droite. Ça descend tranquillement. Le jour décline, doucement, aidé par la
pluie. Le sentier va bien. A un moment, on chemine à plat sur une crête.
Curieuse impression. Une belle descente amène au village suivant. Praz de
Fort. J‘entends des éclats de voix en entrant dans le village. Un groupe de
jeunes m’interpelle «allez, dépêchez-vous, vous pouvez les rattraper!» «heu
ben non, désolé, ç’est pas vraiment le but. Le tout, c’est d’aller au bout»
huées du leader. Basta, marc, laisse tomber les bas de plafond… ce seront
les seuls de la boucle. Et j’arrive d’ailleurs au ravito. Bip. Un petit coup
à boire, et je cherche une place assise. Pas pour me reposer, mais pour
décrocher mon dossard de la frontale, et changer les piles. Un compagnon
s’arrête, sur blessure. Il attend le véhicule pour le ramener à Champeix. En
fait ils seront trois à partir.
J’en fais
autant, mais à pieds. La nuit est tombée, sans se faire mal, heureusement Un
chemin bien droit, des lumières sur le massif devant nous. «C’est là qu’on
doit aller» m’indique un compagnon. «400 m à monter. Mais je pense qu’il y a
plus» Ha bon? tant que ça? décidément, je dois avoir la mémoire sélective…
on longe une portion de route, avant d’attaquer un chemin, sur la gauche. Il
se défend bien, le bougre! raide, l’entrée en matière. Il se défendra
jusqu’au bout. Avec en prime, la vache qui barre le passage. Allons bon,
qu’est-ce qu’elle fait la, elle. On l’avait entendue de loin, sa clarine.
Chic, encore un accueil sympa… ben non, en guise de sympathie, c’est la
noiraude qui nous montre ses cornes. Et vu la largeur du sentier, guère de
place pour 2 de front. On hésite. Un coup de corne peut vite partir,
d’autant que les siennes sont de dimensions respectables. Un nouvel arrivant
prend le taureau par les cornes. Bon, allez, je passe. L’animal s’était
légèrement déporté sur le haut du chemin. Il passe, et reçoit au passage un
coup de langue sur la veste. Je pouffe intérieurement. On est bien des
courageux, tiens! quelques mètres plus loin, nous avons l’explication. Une
porte de pré a été mal refermée, malgré l’indication écrite. Le ressort de
rappel semble un peu faiblard… Marguerite aura profité de l’occasion…
traversée de paturages, le chemin reprend. l’ascension aussi. Une épingle à
cheveux; allons, bon, on redescend. C’est quoi, ce cirque? pour remonter un
peu plus loin. Les balises sont rares. Dans la nuit noire, le chemin n’est
pas toujours bien lisible. J’hésite. J’en vois une. Droit sur elle. Allons
bon, elle me fait redescendre! non, j’ai quitté le chemin avant une épingle.
Demi-tour. Je vais m’en sortir! peu de temps après, le chemin débouche sur
l’entrée de la station. De nouveau, des applaudissements. Merciii.
Bip.haaaaa…
Dans la
grande salle pleine de monde, je me mets à la suite de 3 ou 4 coureurs, qui
attendent leur sac sur le côté. Pas longtemps, le classement doit être
efficace… 1158, hop, il est là! je trouve un bout de table libre. Je me
pose, tombe le sac. Waaaa il y a de la bière… je ne résiste pas. Elle m’est
offerte avec un grand sourire. Haaa, la première gorgée… (pour la suite,
vous reporter à l’excellent post du forum utmb…).
Mais ce
n’est peut-être pas trop conseillé avec rien dans le ventre. Je fais un tour
vers le buffet. Ça sent bon. Un peu de pâtes (pas trop pour la digestion
pendant l’effort), un yaourt, un fruit, ça fait la rue Michel. Je m’attable
tranquillement. Une dame me demande combien il y a jusqu’au prochain ravito.
Grande discussion avec les 2 compagnons de boucle. Ça sent l’abandon. Il
faut vite se barrer d’ici. Je sens que ça peut être contagieux… je quitte
mon tshirt pour un propre, hésite pour les chaussures… non, je garde
celles-là. Pas la peine d’avoir deux paires pleines de boue. Je remballe le
mouillé dans le sac à rendre, et direction la sortie… pas de badge. Bon ok.
C’est par où? on longe le lac, ha bon,il y a un lac dans le noir, là?
C’est
reparti. Il ne pleut plus. Maintenant, je sais que j’irai au bout. Et j’ai
de la marge, même avec les ¾ d’heure que je viens de m’octroyer. J’avance
d’un bon pas, accompagné du raclement de mes bâtons. Les balises me
conduisent jusqu’à un chemin large, tout plat. Assez loin derrière moi, un
duo semble me rattraper. Je m’arrête quelques instants sur le côté pour
libérer ma vessie (oui, je sais, ces choses sont triviales, et il n’est pas
de bon ton de les évoquer devant certaines âmes sensibles, mais bon, c’est
comme ça, j’ai envie de pisser, et le site s’y prête) (et en plus, c’est
nécessaire pour la suite du récit). «tu n’oublieras pas de tirer la chasse!»
Lol, le
Philippe! le temps de (non, mais je ne vous raconterai pas toute ma
physiologie interne, quand même) (j’ai ma pudeur, malgré tout). Bref, ils
sont déjà loin quand je repars. J’essaye quand même d’accrocher. Ils
s’éloignent inexorablement. Bon, tant pis. Je reste donc à mon rythme. Je
les rattraperai pourtant un peu plus tard, juste avant «l’escalade». c’est
au tour de Philippe de se vidanger au bord du chemin. «tu n’oublieras pas de
tirer la chasse!» (bon sang, j’ai de la répartie comme en 14 après presque 2
nuits blanches). Le chemin deviens plus qu’escarpé. Il faut passer dans un
éboulis de blocs de granite, en cherchant un peu son chemin. Les balises
sont parfois mises avec parcimonie. Pas facile, de nuit… pour moi, l’avancée
est plus que laborieuse. Je peine à avancer, à lever la jambe. J’ai
l’impression d’être vidé… pourtant, j’aime bien ce genre de terrain, en
principe. Mais là, je ne vis pas bien cette traversée. J’avance péniblement,
souvent seul, doublé plusieurs fois par des groupes qui ne semblent pas
vraiment forcer l’allure. Qu’est-ce qui m’arrive, là? je me sens
faible,comme au Ferret. Le sommet arrive enfin. Nous tombons (je m’accroche
au dernier groupe qui passe) sur un chemin qui semble plat et longe la
montagne. Nous marchons dans la trace du bas, en remontant pour éviter de
grandes flaques d’eau. La pluie recommence à tomber, lorsque nous arrivons à
Bovines. Bip….
Deux
tentes. Une ravito. L’autre est fermée. Le bénévole nous dit qu’elle est
chauffée, si ça nous dit de boire ailleurs qu’au froid. je ne me le fais pas
dire deux fois, et je vais savourer ma soupe bien au chaud. Un jeune va
s’allonger sur la civière. Il va se reposer une petite heure. Discussion
avec d’autres. Le bénévole déconseille de s’arrêter là. «poussez jusqu’à
Trient, là-bas vous aurez en plus le poste infirmier».
Je
repars, 2 autres me suivent de près, me doublent rapidement, et s’éloignent.
Le chemin surplombe Martigny. Joli à voir, toutes ces lumières
architecturées. Mais bon, ce n’est pas la direction, alors on avance.
Descente dans un chemin plein de racines. Prudence… mais ça passe bien. On
arrive vers quelques maisons. Chic, déjà Trient. Une femme sort d’une
voiture en reconnaissant un coureur. Il s’arrête. Je demande la route; c’est
par là. ok.
Le chemin
ressemble à une ancienne voie ferrée, sans rails. Sur la gauche un fossé
maçonné conduit un flot d’eau claire. Petit attroupement à un endroit. Ha,
nous quittons le beau chemin pour emprunter un sentier bien pentu, en lacets
et en boue. Waaa, la savonnette! j’arrive quand même sans encombre en bas,
sur une route goudronnée. Voila quand même Trient! quelques maisons plus
loin, un bénévole nous indique «ici, c’est repos et soins. Là-bas, ravito et
contrôle». Sans hésitation, je prend l’option 1. je n’ai pas envie de
revivre un nouveau Bovines. La porte s’ouvre sur une grande pièce, bien
chaude. Accueil souriant. Je me déchausse d’un tas de boue. De quoi
avez-vous besoin? je voudrais faire soigner mes pieds, qui commencent à me
faire bien souffrir. j’accepte tout de suite un massage des cuisses, même si
je n’ai pas mal. Prévention, prévention… et une pause d’une heure. à peine
allongé sur la table, je ferme les yeux. qu’est-ce que je suis bien, là, à
me faire dorloter… je sens que la kiné vient de me poser une couverture sur
le corps. «je vous réveille dans une heure? on fera les pieds après» ok
super…
Une main
me touche l’épaule «vous avez demandé qu’on vous réveille au bout d’une
heure» me dit la tête penchée au-dessus de moi. Mais je viens à peine de
fermer les yeux!!
J’esquisse un sourire. Je me sens quand même reposé, et la
douceur du réveil est tellement agréable… Le temps de reprendre pied avec la
réalité, la podologue s’occupe des miens. J’ai enlevé mes chaussettes et
balayé de la main, un peu honteux, la boue séchée qui macule la litière.
«c’est pas grave, il y en a eu d’autres» me glisse en riant la podologue, en
s’installant à mes pieds. Il y a du boulot, entre les ampoules
valeureusement acquises avec les graviers dans les chaussures (10 pas,un
gravier) et le petit orteil qui s’est vu gratifié d’un coup de bâton
énergique qui l’a fait éclater (ben oui, si je fais racler, c’est pour
éviter ça…). Une demi-heure de soins attentifs après, me voila réparé.
«c’est bon pour tenir les 26 km» me dit ma soignante «mais vous faites
refaire à l’arrivée, après une bonne douche» pas de problème J. La levée du
corps est moins laborieuse que redoutée. Enfilage précautionneux des
chaussures. Ça ira. Merci à tous et à toutes, et j’affronte la fraîcheur du
petit matin. Direction case suivante, biiip. Mêmes sourires d’accueil. Je
grignote un tuc avec une tranche de saucisson, pour suivre le conseil d’un
bénévole. Il a raison, c’est super bon. J’en reprend. Remplissage du camel;
c’est tout bon? allez, c’est reparti. Biip.
Direction
les Tseppes. C’est annoncé du raide, si je me rappelle bien. J’échange
quelques mots avec un compagnon pendant les premiers hectomètres, bien
plats. Arrive le bas de la côte, qu’on a devinée par les quelques lumières
qui percent le feuillage. Bon, chacun sa course, mais moi, je pars
doucement. Fin de la frontale, on y voit assez, maintenant. J’embraye les
crabots, et roule Karen. Yoooo, je me sens facile, là. Du coup, je lâche un
peu les gaz, pour voir. Ça tient bien. Je ne regrette vraiment pas ma pause.
Je garde le rythme, et brûle la politesse à un paquet de grimpeurs, que je
laisse sur place. Je me fais quand même doubler 2 fois; tant mieux, ça
relativise la performance. Le point de contrôle arrive vite ; moins d’une
heure depuis le départ. Arrêt symbolique (biip) et je poursuis. Mon doubleur
me repasse peu de temps après. Il a dû prendre le temps de boire un coup, et
file à belle allure. Je ne m’accroche pas, et continue à mon pas pour
achever la montée. Ça y est! ça redescend. Yahouuuu gagné! le reste, c’est
des clopinettes.
J’enquille la descente à bonne allure, double des hésitants. Ils font bien;
ç’est une piste de patinage qu’on a sous les pieds. Je ne réfléchis pas.
J’avance tête baissée. Et cul par terre. Une glissade élégante sur le côté.
«ça va?» impec! même pas sale, c’est sur l’herbe mouillée (merci le judo
pour le réflexe chute latérale). Je repars de plus belle, enfilant les
lacets. Et hop, rebelote par terre. Côté gauche, cette fois-ci, et sur le
rocher. «ça va?» heuuu oui oui, mais je vais me calmer, là. Promesse
d’ivrogne. Le pylône du télésiège est à portée de main. J’y arrive vite. Un
pas précipité. Un bénévole accours de la cabine. «tout va bien? un coup à
boire?» je décline l’offre en souriant.
On
attaque maintenant un chemin large, bien roulant. Je passe dans quelques
flaques pour nettoyer mes semelles. Un gars sifflote quelques notes à côté
de moi. Je n’arrive pas à retrouver le titre. Un air créole, mais lequel? il
me demande la distance. Il doit rester moins de 18 bornes. Je compte 3
heures dans ma tête. Nous descendons d’un pas rapide; en contrebas, les
premières maisons. Ce doit être Vallorcine. Un petit chemin sur la droite;
lol. On n’avait sans doute pas assez goûté de la boue. On nous en offre
encore. Mais ça ne dure pas longtemps. On arrive au village, où nous
retrouvons notre dose d’applaudissements. Mercii, merciiii. Le point de
contrôle, biip, sourire, je repars aussi sec.
Devant
nous, un bout de pré que traverse le chemin. C’est un peu boueux, mais rien
à côté de ce qu’on a eu. Allez mon vieux, dernière bosse. 200 m, tu ne vas
même pas les voir. Ils passent effectivement bien, la pente est douce. On
longe de loin la route, pour la rejoindre juste avant le col. Clic-clac
photo. Applaudissements; klaxons des voitures qui passent.
Le col
passé, on reprend par un chemin bien tracé. Aménagé, même. Des petits
panneaux indiquent les essences végétales. Je trottine. Quelques lacets
descendants passent bien. Un signaleur m’indique gauche droite. Je ne
réfléchis pas et obéis mécaniquement, avant de voir le fléchage. Argentière,
me voila. J’arrive au dernier ravito. Biip. Pâté, saucisson? heuuu pas
vraiment pour la dernière ligne droite, je ne veux pas le laisser en route.
Un verre de coca, par contre…
C’est
reparti. Traversée du village sous les encouragements, avant de prendre un
chemin sur la droite. Moins de 40 heures, c’est possible? je calcule
rapidement (enfin j’essaye). 9 bornes en 1 heure 10? ça peut le faire. Mais
il faut astiquer. Je croise 2 joggers. La traversée en sous-bois est plutôt
sympa, légèrement vallonnée. 2 petites côtes. Ce doit être celles annoncées
pour la fin. Elles passent facile. Je replie les bâtons. Plus besoin
maintenant. Un coup d’œil sur la montre. Laisse tomber les 40 heures…
d’autant que j’arrive devant un autre côte. Une vraie. Oups. Hé ben allez,
mon vieux, sans bâtons, t’avais qu’à… Kareeeen… elle passe quand même bien.
Nous croisons plein de promeneurs. Je double un groupe de randonneurs. Un
compagnon discute un peu avec eux en marchant. Encore des applaudissements.
Bravo, vous êtes des champions! «non, non!» c’est un exploit, ce que vous
faites! «non, non, pas plus! plein de monde peut le faire!»
Un
compagnon me rejoint d’un bon pas. Je ne sais pas s’il a entendu ma réponse,
mais aux quelques mots que nous échangeons, il partage mon avis. Nous
partageons ensemble nos derniers hectomètres, et nos impressions sur cette
boucle. L’enthousiasme du public, sa gentillesse, dans les 3 pays traversés.
Merciii, merciii. Les encouragements confortent les propos… nous arrivons au
goudron. Arrivée à 1 km, nous dit-on. Ouf, tant mieux! je commençais à ne
plus pouvoir suivre. Dernier carrefour. Bon, ben pour les derniers mètres,
on va faire bonne figure en trottinant. J’acquiesce et embraye aussitôt. Le
trot est aisé. Je tourne à droite. Ça y est, je reconnais la rue principale.
Les spectateurs se font nombreux. Encouragements.
Applaudissements. Allez Marc! bravooo! je ne sens plus rien. J’allonge la
foulée. Je vole. Je fais le pitre. Des 2 bras, je réclame des
applaudissements. Allez! allez! allez! plus fort! je suis porté!
transporté! dernier virage! plus fort encore! yaaahouuuuuuuu! j’y suis! un
gars m’intercepte. Bravo! c’est ton premier? non, j’ai arrêté à Courmayeur
l’année dernière. C’est encore plus fort, bravo! il me donne un paquet, je
me retourne vers l’arrivée, où mon compagnon arrive. Poignée de main. Pareil
pour le suivant. On me pousse gentiment vers le ravito, juste à côté. Il y a
du monde. Il y a de la bière ? ouii J. Je prend la cannette et ressort. J’ai
besoin d’un coin tranquille.
Je
m’adosse à une roue de camionnette juste à côté. C’est un peu mouillé, mais
tant pis. Je sors le téléphone. Sylvie ? ça y est , je suis arrivé… super,
mon p’tit mari. Je ne peux en dire plus. Une grosse boule me monte à la
gorge, un flot de larmes m’inonde les yeux. Je me colle la tête dans le
bras. Moment intense. Quelques secondes de bonheur pur...
Je reste
un moment là, à me reprendre, en sirotant ma bière. A côté les clameurs
accueillent toujours les arrivants.
Je me
lève enfin. Un peu dur quand même. Mes pieds se rappellent à mon souvenir.
Je remonte quelques mètres le long du parcours. Un big band se déchaîne à
l’angle de la rue. Je traverse la ville en boitillant, jusqu’à la voiture,
stationnée après la gare. Je m’y affale. Sylvie m’y rejoint dès l’arrivée de
son train, et me conduit au centre d’accueil. Direction les douches. Je
traverse la salle de repos. «Marc!» Roxane est là, avec Marco. Ils sont
arrivés depuis un moment, c’est super. On se raconte un peu notre course.
Philippe arrive de la douche. Il va manger. On se donne Rv là-bas, suivant
l’heure. je vais me doucher.
Nous
repartons un peu après. Trop d’attente pour un podologue.
Je monte
dans la voiture. «Tu me guides jusqu’à l’autoroute, après, tu peux dormir».
Dernière mission. OK. J
Allez, c’est fini, je peux fermer les yeux.
aie mac
(1158)
Un grand
merci pour tous ces moments forts à
-
l’équipe de
Michel et Catherine
-
tous les
bénévoles, signaleurs, accueil, médicos (une pensée particulière pour
l’équipe de Trient)
-
tous les
compagnons de route qui m’ont permis, souvent sans le savoir, d’avancer.
-
Au public
toujours enthousiaste
-
Aux forumeurs
de l’utmb, qui m’ont souvent fait marrer (tonton, si tu me lis…)
-
A Sylvie, qui
va supporter mes pieds explosés, après mes ronflements…
-
;-)